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Audition de l'enfant par le juge : comment la demander ?

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Audition de l'enfant par le juge : comment la demander ?
Résumé : Oui, un mineur capable de discernement peut être entendu par le juge dans une procédure qui le concerne. L’enfant peut demander lui-même cette audition, être accompagné d’un avocat ou d’une personne de confiance, mais il ne décide pas à la place du juge. Sa parole est prise en compte avec les autres éléments du dossier.

Votre enfant veut-il être entendu dans une procédure de séparation, de divorce ou de résidence ? Cette demande peut modifier la manière dont le dossier est préparé. Pour comprendre les règles applicables, il faut distinguer la parole de l’enfant, la décision du juge et les démarches du parent. À Paris, une préparation claire permet aussi d’éviter que l’enfant se sente placé au centre du conflit. Nous expliquons également les conditions de l’audition de l’enfant devant le juge.

L’article 388-1 du Code civil prévoit qu’un mineur capable de discernement peut être entendu dans toute procédure qui le concerne. Cette audition est de droit lorsque l’enfant la demande. Le texte précise aussi que l’enfant peut être entendu seul, avec un avocat ou avec une personne de son choix. Consultez le texte officiel de l’article 388-1 pour vérifier la règle applicable à votre situation.

Dans quelles procédures l’enfant peut-il être entendu ?

Un enfant peut être entendu lorsque la procédure concerne directement sa vie familiale. C’est notamment le cas lorsqu’un juge doit fixer ou modifier sa résidence, son droit de visite et d’hébergement ou les modalités d’exercice de l’autorité parentale.

La demande peut apparaître dans un divorce contentieux, une séparation de parents non mariés ou une procédure destinée à modifier une organisation déjà fixée. Elle peut aussi être pertinente lorsque l’enfant vit difficilement une résidence alternée, refuse certains changements de rythme ou souhaite expliquer ses relations avec chacun de ses parents.

Le juge aux affaires familiales ne cherche pas à faire choisir un parent à l’enfant. Il cherche à comprendre sa situation, ses besoins et la manière dont les mesures envisagées sont vécues au quotidien. Le juge reste chargé de décider dans l’intérêt de l’enfant.

Le rôle du JAF s’inscrit plus largement dans le contentieux familial, qui comprend notamment l’exercice de l’autorité parentale et les relations entre l’enfant et ses proches. La présentation officielle du juge aux affaires familiales rappelle son intervention dans ces matières.

Quel âge faut-il avoir pour être entendu par le juge ?

La loi ne fixe pas un âge automatique à partir duquel l’audition serait obligatoire. Le critère central est la capacité de discernement. Le juge apprécie si l’enfant comprend la situation, les questions posées et les conséquences possibles de son avis.

L’âge reste un élément d’appréciation, mais il ne suffit pas à lui seul. Deux enfants du même âge peuvent présenter une maturité et une compréhension différentes. Le juge peut donc examiner la façon dont l’enfant s’exprime, sa capacité à formuler une opinion personnelle et son aptitude à distinguer ses propres souhaits de ceux exprimés par un parent.

Il ne faut pas préparer l’enfant comme un témoin. Il n’a pas à retenir un discours, à choisir entre ses parents ou à apporter une réponse attendue. Un parent doit seulement lui expliquer, avec des mots adaptés, qu’il peut demander à être entendu, qu’il peut aussi ne pas le demander et que la décision finale appartient au juge.

Une recherche publiée en 2020 par l’Institut Robert Badinter a étudié les pratiques de 15 juridictions et les entretiens menés avec 29 juges aux affaires familiales. Elle relève des différences de pratiques et formule des recommandations pour mieux protéger la parole de l’enfant, notamment autour du discernement et de l’accompagnement par un avocat. Consultez la recherche sur l’audition et le discernement.

Qui peut demander l’audition de l’enfant ?

Trois situations doivent être distinguées. L’enfant peut demander lui-même à être entendu. L’un ou les deux parents peuvent également présenter une demande. Enfin, le juge peut décider de l’entendre de sa propre initiative lorsqu’il estime que cette audition est utile à la procédure.

Lorsque la demande vient de l’enfant, le juge doit en principe organiser l’audition si la procédure le concerne et si le mineur est capable de discernement. Le refus ne peut pas reposer sur une simple convenance. Il doit correspondre aux conditions prévues par les textes, notamment l’absence de discernement ou l’absence de lien direct entre la procédure et la situation de l’enfant.

Lorsque la demande vient d’un parent, le juge dispose d’une marge d’appréciation plus large. Il peut considérer que l’audition n’est pas nécessaire pour trancher le litige ou qu’elle risque de nuire à l’enfant. Cette différence est importante dans les conflits où un parent demande l’audition pour renforcer sa propre position.

La demande peut être présentée par écrit, sans formalisme excessif. Il est utile d’indiquer l’identité de l’enfant, la référence de la procédure, les coordonnées connues du dossier et le souhait d’être entendu. Le document doit rester factuel. Il ne doit pas contenir un argumentaire rédigé par un parent à la place de l’enfant.

Comment se déroule l’audition devant le JAF ?

Gros plan sur des mains anonymes signant un document dans un cabinet juridique

Après l’acceptation de la demande, l’enfant reçoit une convocation. L’audition se déroule en principe hors de la présence des parents. Le juge peut entendre lui-même le mineur ou désigner une personne compétente lorsque l’intérêt de l’enfant le commande.

L’enfant peut être entendu seul. Il peut aussi demander l’assistance d’un avocat de l’enfant ou d’une personne de son choix. Cette personne doit pouvoir l’aider à comprendre le déroulement de l’entretien, sans parler à sa place ni orienter ses réponses.

Un avocat peut expliquer à l’enfant qu’il n’est pas jugé, qu’il peut dire qu’il ne sait pas répondre et qu’il peut signaler ce qui le met mal à l’aise. Il peut également vérifier que l’enfant a compris la différence entre exprimer son avis et prendre une décision.

Un compte rendu est établi dans l’intérêt de l’enfant. Il ne s’agit pas nécessairement d’une retranscription intégrale de chaque mot prononcé. Le compte rendu doit respecter le contradictoire tout en évitant de diffuser des éléments qui exposeraient inutilement le mineur.

Les modalités concrètes peuvent varier selon la juridiction saisie. Une audition organisée au tribunal judiciaire de Paris ne se déroule pas forcément de manière identique à Bobigny, Créteil, Nanterre, Versailles, Meaux, Melun, Évry ou Pontoise. Il faut donc vérifier la convocation et les pratiques du greffe concerné.

Comment préparer la demande sans influencer l’enfant ?

La préparation commence par une question simple : l’enfant souhaite-t-il réellement parler au juge ? Il faut lui présenter ce droit sans lui suggérer une réponse. Les phrases comme « tu dois dire la vérité sur ton père » ou « explique que tu veux vivre avec moi » peuvent créer une pression et fragiliser la portée de sa parole.

Le parent peut aider l’enfant à comprendre le cadre. Il peut lui dire que le juge connaît déjà certains éléments du dossier, qu’il écoutera son point de vue et qu’il prendra ensuite une décision globale. Il faut aussi préciser que le juge peut ne pas retenir exactement la solution souhaitée.

Avant la demande, rassemblez les documents utiles à la procédure principale. Il peut s’agir des décisions précédentes, des échanges entre parents, des éléments concernant la résidence, des informations scolaires ou de pièces permettant de comprendre l’organisation actuelle. Ces documents ne remplacent pas la parole de l’enfant, mais ils permettent de replacer son audition dans son contexte.

Dans certains dossiers, une enquête sociale devant le JAF peut aussi être envisagée. Elle ne se confond pas avec l’audition de l’enfant. Pour comprendre la différence entre ces démarches et leur utilité, nous vous invitons à consulter notre page consacrée à l’enquête sociale devant le JAF.

La préparation doit également tenir compte des tensions familiales. En cas de violences conjugales, de menaces ou d’emprise, l’enfant peut être particulièrement exposé à un conflit de loyauté. Dans ce contexte, la priorité est de protéger sa sécurité et de vérifier avec un professionnel si son audition est réellement adaptée à la situation.

Quel poids l’avis de l’enfant a-t-il dans la décision ?

Échange familial apaisé dans un cabinet juridique autour de documents

L’enfant donne son avis, mais il ne tranche pas le litige. Le juge examine sa parole parmi les autres éléments du dossier. Il peut prendre en compte son ressenti tout en fixant une résidence, un droit de visite ou une organisation différente de celle demandée.

Le juge peut notamment examiner la stabilité de chaque organisation, la scolarité, les conditions d’accueil, les relations avec les parents, les éventuelles tensions et la capacité de chacun à préserver les liens de l’enfant avec l’autre parent. L’audition ne remplace donc pas l’analyse générale de la situation.

La parole de l’enfant peut toutefois être importante. Elle peut révéler une souffrance, une difficulté quotidienne, une peur ou une organisation qui ne correspond pas à ce qui est présenté par les adultes. Elle peut aussi aider le juge à poser des questions complémentaires ou à demander d’autres éléments.

En 2026, des décisions publiées le 20 mai par la Cour de cassation ont encore rappelé l’importance du respect du droit du mineur à être entendu et des règles applicables au compte rendu de l’audition. Ces décisions montrent que la demande de l’enfant ne doit pas être écartée sans examiner sérieusement les conditions prévues par la loi. Les décisions sont consultables dans les résultats de jurisprudence de Légifrance.

Le juge n’a pas toujours à reproduire dans sa décision le contenu détaillé des propos de l’enfant. En revanche, le cadre de l’audition, le respect des droits du mineur et la prise en compte de son intérêt restent essentiels. Si la décision ne correspond pas à l’avis exprimé, cela ne signifie donc pas que l’enfant n’a pas été entendu.

Que faire si l’audition est refusée ?

Le refus dépend de l’auteur de la demande et du motif retenu. Lorsque la demande vient de l’enfant, le juge doit examiner les conditions de son audition. Lorsque la demande vient d’un parent, le juge peut aussi considérer que l’entretien n’est pas utile ou qu’il serait contraire à l’intérêt du mineur.

La décision de refus doit être comprise dans le contexte de la procédure. Il faut vérifier le motif indiqué, la manière dont le juge a apprécié le discernement et la possibilité d’exercer un recours contre la décision familiale principale. Les règles peuvent être différentes selon que la demande a été faite par l’enfant ou par un parent.

Un parent ne doit pas demander une audition uniquement pour affaiblir l’autre parent. Si le juge estime que l’enfant est utilisé comme moyen de preuve ou placé sous pression, la demande peut se retourner contre l’objectif recherché. L’intérêt de l’enfant doit rester le point de départ et le point d’arrivée de la démarche.

Une analyse globale peut être utile lorsque la demande d’audition se combine avec une contestation de résidence, d’autorité parentale ou de droit de visite. Dans ce type de dossier, le juge examine l’ensemble de la situation. Les éléments relatifs à l’autorité parentale et aux droits de l’enfant peuvent donc être déterminants.

À retenir pour protéger la parole de l’enfant

L’audition de l’enfant par le juge permet au mineur capable de discernement d’exprimer son point de vue dans une procédure qui le concerne. Elle ne lui donne pas le pouvoir de décider. La demande doit être présentée avec prudence, sans pression parentale, en tenant compte de la situation familiale, des pièces disponibles et de l’intérêt concret de l’enfant. En cas de séparation conflictuelle, il est préférable de vérifier rapidement la démarche adaptée devant la juridiction saisie.

Besoin d’un avis sur votre dossier familial à Paris ?

Une demande d’audition doit être replacée dans l’ensemble de la procédure. Elle peut concerner la résidence de l’enfant, le droit de visite, l’autorité parentale ou une situation de violences conjugales. Notre cabinet à Paris 11 propose une consultation ponctuelle pour analyser les enjeux, les pièces et la stratégie utile, ou un accompagnement plus complet devant les juridictions de Paris et d’Île de France.

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Nous précisons le périmètre de la mission, le forfait ou le tarif horaire et les éventuels frais externes par écrit avant l’intervention. Pour un premier échange concernant votre situation familiale, vous pouvez consulter notre cabinet d’avocat à Paris et demander un rendez-vous adapté à votre dossier.

Questions fréquemment posées

Un enfant peut-il demander seul à être entendu par le juge ?

Oui, un enfant capable de discernement peut demander lui-même son audition dans une procédure qui le concerne. La demande peut être écrite et transmise directement au juge ou par l’intermédiaire d’un parent.

Les parents doivent-ils informer l’enfant de son droit ?

Oui, l’enfant doit être informé de son droit à être entendu et à être assisté par un avocat. Cette information doit être donnée sans pression et sans orienter son choix.

Le juge doit-il suivre l’avis de l’enfant ?

Non, l’enfant donne un avis et ne décide pas. Le juge apprécie sa parole avec les autres éléments du dossier et statue selon l’intérêt de l’enfant.

L’enfant peut-il venir avec un avocat ?

Oui, il peut demander à être entendu avec un avocat. Cet avocat explique le déroulement de l’entretien et aide l’enfant à exprimer son point de vue, sans parler à sa place.

Une consultation suffit-elle pour préparer une demande ?

Dans certains dossiers, une consultation ponctuelle peut permettre d’analyser la situation, les pièces et l’intérêt d’une demande. Notre cabinet à Paris peut aussi examiner si une représentation plus complète est nécessaire, selon la procédure et les enjeux familiaux.

Maître Laura Abecassis, avocat en droit pénal et droit de la famille au Barreau de Paris

À propos de l'auteur

Maître Laura Abecassis

Avocate au Barreau de Paris depuis 2021

Titulaire d'un Master 2 en Droit pénal (Université Paris XII), Maître Laura Abecassis est formée à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) dans le cadre de son cursus universitaire. Elle intervient en droit pénal et en droit de la famille �� Paris et dans toute l'Île-de-France, de la garde à vue à l'audience.

Inscrite au Barreau de Paris · Cabinet 25 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

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